Mariana Enriquez est une autrice argentine qui fait mal. Pas de la douleur gratuite, mais de celle qui révèle, qui dérange, qui reste. Ce recueil de nouvelles est une plongée dans un Buenos Aires hanté, social et fantastique à la fois, où les fantômes ne sont jamais vraiment surnaturels mais toujours profondément humains.
Chaque nouvelle est un uppercut. Enriquez mêle avec une maîtrise rare la violence sociale, la pauvreté, la disparition et l’horreur pure. On pense à Flannery O’Connor, à Shirley Jackson, mais avec une voix résolument latino-américaine et contemporaine.
Ce qui m’a le plus frappée, c’est la façon dont elle traite ses personnages féminins : ni victimes ni héroïnes, juste des femmes qui survivent dans un monde qui les broie.
Une lecture exigeante mais absolument nécessaire.