Il y a des livres qu’on ouvre prudemment, comme si on savait qu’ils allaient nous déranger. La Carcoma de Layla Martínez en fait partie. Ce court roman espagnol d’à peine 150 pages est une bombe à retardement narrative qui explore la transmission du trauma, la lutte des classes et la violence ordinaire à travers deux générations de femmes dans une maison qui semble elle-même habitée par quelque chose de sombre.
Ce qui frappe d’emblée, c’est la voix. Alternant entre la grand-mère et la petite-fille, Martínez construit un récit chorale tendu, presque étouffant. On ne sait jamais vraiment où s’arrête le réel et où commence le fantastique et c’est précisément là que réside la force du texte.
J’ai lu ce livre en une soirée, incapable de le poser. Pas parce qu’il est agréable (il ne l’est pas toujours) mais parce qu’il est viscéral, urgent, nécessaire. Une découverte qui m’a durablement marquée.