Il y a des œuvres qu’on étudie au lycée et qu’on redécouvre adulte avec un regard complètement différent. Lorenzaccio d’Alfred de Musset en fait partie. Ce drame romantique du XIXe siècle raconte l’histoire de Lorenzo de Médicis, jeune idéaliste florentin qui s’est corrompu volontairement pour approcher le tyran Alexandre de Médicis et l’assassiner — au point de ne plus savoir lui-même s’il est encore capable de vertu.
Ce qui fascine dans ce texte, c’est la modernité absolue de sa question centrale : peut-on tremper dans la boue sans y rester ? Lorenzo est un personnage d’une complexité psychologique rare pour l’époque, tiraillé entre l’action politique et la désillusion profonde.
Je l’ai relu avec une fascination renouvelée, sensible cette fois à la mélancolie qui traverse chaque scène. Un classique qui mérite largement d’être (re)découvert.